• Gros caprice

    Vous voyez ces enfants qui pleurent, se roulent par terre et poussent de grands cris parce qu’ils ne veulent pas marcher. Au final ils dépensent plus d’énergie dans leur caprice que s’ils avaient marché. Il en est de même pour le comportement de l’Etat sur la problématique du sanglier!

    Depuis 15 ans l’Etat passe une énergie folle sur des mesures inefficaces. Un Préfet est capable de prendre annuellement plus d’un arrêté par jour pour diligenter des enquêtes de louvèterie ou des actions types tirs d’affut ou battues administratives à l’efficacité limitée. Il y a sursaturation d’arrêtés préfectoraux et mesures en tous genres qui montre que la réglementation actuelle est totalement dépassée. Evidemment, cette réglementation qui date de 40 ans, était prévue pour gérer la pénurie et non la surabondance néfaste de la faune sauvage. Pensez-vous que ce Préfet, en s’appuyant sur sa vision de terrain, va faire remonter ces dysfonctionnements aux ministères concernés pour que la réglementation évolue est devienne efficace? Que neni ! Depuis 15 ans les services de l’Etat continuent de dépenser une énergie folle dans des mesures inefficaces avec le sentiment du devoir accompli ! Pire, de rares mesures efficaces, qui seraient à leur portée, ne sont pas utilisées ! Quelques exemples : lorsqu’après une flopée de procédures, des tirs d’affut sur sangliers sont enfin déclenchés, le lieutenant de louvèterie se rend sur le site et généralement attend que les sangliers veuillent bien se présenter pour les éliminer ! Il n’est pas rare que plusieurs nuits se passent ainsi avant qu’un sanglier soit éliminé ! Quand ce n’est pas plusieurs nuits passées pour rester bredouille. Pourtant il y aurait moyen de placer du maïs à l’endroit choisi pendant plusieurs jours avant l’affut afin d’habituer les animaux et, ainsi, les détruire de manière plus efficace le jour requis. Il y aurait moyen oui, mais on ne le fait pas ! On préfère faire passer cinq ou six nuits dehors à quelqu’un plutôt que de lui permettre d’atteindre son but dès la première! Autre exemple : dans les situations graves et après le parcours du combattant des procédures administratives le Préfet peut déclencher une battue administrative sur un secteur. Ces battues sont systématiquement organisées avec les équipes de chasse locales. Les mêmes qui n’ont pas su gérer la surpopulation ! Résultat : ces battues n’amènent rien de plus que l’action de chasse classique. La clé de l’efficacité est pourtant simple : il s’agit d’inviter à ces battues administratives des chasseurs extérieurs au territoire concerné. Cela n’est jamais pratiqué. On préfère brasser beaucoup pour n’aboutir à rien ! Enfin, dernier sujet délectable : le piégeage ! Le propriétaire, le fermier n’ont pas le droit d’utiliser le piégeage pour se défendre de l’espèce nuisible sanglier. On ne sait pas pourquoi mais, bon, c’est comme ça ! Par contre l’Etat, lui, pourrait l’utiliser dans le cadre de la régulation administrative. Il le pourrait mais Il ne le fait pas ! Imaginez un agriculteur qui demande l’aide de l’Etat en ces termes: « il y a trop de sangliers, ils détruisent mais cultures, les chasseurs chassent mais cela ne suffit pas, je dépense un temps et un argent fou en clôtures électriques, il faut que vous mettiez en place le piégeage pour compléter l’action de la chasse et pour que je puisse travailler en paix ». Fasse à cette demande, plutôt que de mettre en place le piégeage, ce qui serait le bon sens même, l’Etat va se torturer l’esprit pour trouver comment justifier qu’il ne va pas le faire ! Après plusieurs mois d’intense cogitation il va réussir à sortir des arguties fumeuses à cet agriculteur du genre : il est normal que vous vous protégiez puisque vos cultures se trouvent à côté des bois ! Est-on revenu à l’époque prérévolutionnaire où le monde paysan redoutait plus que tout les dégâts de grands gibiers, craignait la proximité des bois et tentait, tant bien que mal, de se protéger, et où la noblesse, obsédée par sa passion maladive de la chasse, n’avait que faire du travail des paysans et, niaisement, ne mesurait la qualité de sa vie qu’au caractère giboyeux de ses terres ? L’arrière grand père, le grand père et le père de cet agriculteur, qui ont cultivé les mêmes terres, n’ont jamais eu à se demander si des sangliers en surnombre ne viendraient pas du bois détruire leurs récoltes. Cela leur serait apparu totalement incompréhensible, absurde et très certainement scandaleux. Autre argument, pour ne pas dire « excuse bidon » : pour mettre en place le piégeage il faudrait avoir l’accord des propriétaires des terrains sur lesquels les pièges seraient posés, démarche apparemment insurmontable ! Les terrains appartiennent à l’agriculteur lui-même. C’est sûr que son accord serait certainement bien dur à arracher ! Enfin, pour piéger le sanglier par la technique de la nasse souple placée dans un passage des animaux en descente il faut un minimum de matériel et de travail : grillage pour rabattre les animaux, fabrication du filet, … L’Etat, qui aura trouvé ses arguments bien maigres, va donc avancer la fatidique raison financière pour expliquer son inaction, en oubliant que l’agriculteur a proposé de fournir et d’installer lui-même tout le matériel, d’assurer lui même la surveillance du piège quotidiennement et de prévenir le lieutenant de louvèterie en cas de capture …

    Quand les parents se trouvent à une cinquantaine de mètres de leur enfant ils finissent par lui dire « viens maintenant, on est obligé de t’attendre, tu nous fais perdre notre temps », l’enfant semble comprendre l’absurdité de son comportement. Evidemment, il ne répond pas « mais enfin regardez toute l’énergie que j’ai dépensée en me roulant par terre ». Il se met en route pour rejoindre ses parents. Il grandit ! Là s’arrête la comparaison avec l’action de l’Etat. Car lorsqu’on dit à l’Etat qu’il est temps de faire quelque chose d’efficace sur le problème du sanglier, Il répond imperturbablement depuis 15 ans « mais enfin regardez toute l’énergie que je dépense sur cette question »…


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :